Pourquoi ce journal intime ?

Un besoin d'écrire tout simplement ? Aligner les mots et maux comme une thérapie ?
A maintes reprises j'ai cherché en vain des blogs parlant de le bipolarité et jamais je ne m'y suis retrouvée.
Je désire un blog simple où chaque personnes malades ou non puissent s'exprimer librement.
N'hésiter pas à m'envoyer vos textes, poésies...je les publierais, avec votre consentement bien sur.
Mon but n'est pas d'avoir plusieurs lecteurs mais si je peux aider, soutenir une seule personne et partager avec elle ce sera pour moi partie gagnée !!
Nathalie


jeudi 27 décembre 2012

Les troubles bipolaires sont une maladie mentale durable et grave qui affecte l’humeur et le comportement.



« Telle une machine, mon cerveau vrombit et bourdonne sans cesse. J'ai l'impression qu'il monte en flèche, et plonge ensuite pour être enterré dans la boue.
Mais pourquoi donc ? Pourquoi tant de passion ? «

                                                                             Virginia Woolf



On entend parfois dire que les symptômes psychiques tels que les troubles bipolaires sont dus à une sorte de faiblesse ou une perturbation de la personnalité.

C’est faux. La personne qui souffre de troubles bipolaires ne choisit pas sa maladie, pas plus que le patient diabétique ou le patient arthritique ne choisit la sienne. Les troubles bipolaires sont la conséquence d’un dérèglement dans le cerveau. Ce n’est la faute de personne et personne ne peut s’en vouloir. Les troubles bipolaires sont une maladie mentale parmi les plus courantes. Dans le monde entier, elle touche plus de 1% d’adultes. Elle toucherait plus de 600 000 personnes en France. 

Hommes, femmes, adolescents et enfants, tous sont concernés. Pour la plupart d’entre eux, la maladie persistera durant de longues années, parfois même pour le reste de leur vie. Il arrive que les troubles s’atténuent, mais ils peuvent s’aggraver plusieurs mois voire plusieurs années plus tard. Vivre avec des troubles bipolaires est difficile, tant pour la personne qui en souffre que pour ses proches et son entourage.

La maladie provoque des changements d’humeur qui peuvent aller d’une profonde tristesse à un sentiment d’euphorie excessive ou à des humeurs mixtes, (le patient est à la fois agité et profondément malheureux).


Les psychiatres parlent de « dépression » ou « d’épisode dépressif » pour décrire la tristesse du patient atteint de troubles bipolaires, et de « manie » ou « d’épisode maniaque » pour décrire son euphorie. Il existe aussi une forme de manie atténuée appelée « l‘hypomanie » .Ces humeurs, qui persistent parfois pendant des semaines ou des mois, ne sont pas comparables aux sautes d’humeur « normales » que nous connaissons tous. Elles ont des conséquences alarmantes : comportement inadapté, relations qui se dégradent et graves ennuis à l’école ou au travail. De plus, la maladie mentale est stigmatisée. Elle entraîne une discrimination et un isolement. Tout ceci réduit considérablement la qualité de vie du patient, de ses proches et de son entourage.     

Mais il y a aussi de l’espoir dès lors que la maladie est diagnostiquée. Avec un traitement adapté, ces changements d’humeur peuvent être maîtrisés ; ce qui permettra au patient et à son entourage de remettre de l’ordre dans leur vie.

Si vous êtes concerné par les troubles bipolaires, comme patient ou comme proche, sachez que d’autres personnes atteintes de la même maladie que vous arrivent néanmoins à mener une vie enrichissante et productive.

Cela ne sera probablement pas toujours facile, mais n’oubliez pas que vous n’êtes PAS la maladie, elle n’est qu’une partie de vous.

Vivre avec cette maladie, ce n’est pas renoncer obligatoirement à ses ambitions ou à ses projets ??!!

 

Je me suis souvent sentie très seule. Je fini par me sentir coupable et déprimée. Je me sens si différente aussi bien dans mes pensées, mon hypersensibilité, mon comportement, mes addictions que je ne peux contrôler.   

Lorsque j'ai su de quelle maladie je souffrais, la honte s'est installée. L'espoir n'est plus au rendez-vous à ce jour. Arriver à maîtriser sa vie est malgré tout un peu plus facile, car lorsque je sens cette angoisse monter en moi, je pars m'isoler pour éviter tout affrontement, toutes paroles qui pourraient me blesser et blesser mon entourage.


           
                 

                                         

 

 



13 Symptômes et signes avant-coureurs de la bipolarité



Au début les troubles bipolaires se manifestent généralement par une série de signes
ou de symptômes qui varient d’un individu à l’autre. 

Attention, le fait de présenter un de ces symptômes ne signifie pas que vous souffrez de troubles bipolaires !
Mais si vous en présentez plusieurs en même temps, ou si vous passez de symptômes maniaques à des symptômes dépressifs, vous devez consulter un médecin.


Symptômes maniaques

Amour-propre exagéré
Erreurs de jugement
Irritabilité
Tics
Besoin de moins de sommeil
Énergie accrue
Dépenses immodérées
Surestimation de ses propres capacités
Plus grand appétit sexuel
Parle plus et plus vite que d’habitude
Entame trop facilement la conversation avec des étrangers
Se sent euphorique, ne s’est jamais senti aussi bien

Rit beaucoup (même dans des situations qui ne sont pas drôles)
Déborde d’idées
Saute du coq-à-l’âne
Est moins concentré
Agit sans réfléchir
Veut faire des changements et a plein de projets
Appelle des gens au téléphone en pleine nuit
Consomme trop d’alcool ou de drogues



Symptômes dépressifs

Se sent triste, anxieux ou vide
Se désintéresse de ses activités ou n’éprouve plus de plaisir à les faire
A du mal à faire face
A du mal à réfléchir normalement – réfléchit lentement, tend à oublier
A du mal à s’endormir et à se réveiller tôt
Dort trop. Passe la journée au lit
Maigrit ou grossit beaucoup
Mauvais appétit ou nettement plus d’appétit
Manque d’énergie
Se sent fatigué la plupart du temps
S’inquiète excessivement et se sent accablé
Sa santé physique se détériore

Se néglige – porte des vêtements étranges ou inappropriés
Néglige son hygiène personnelle
Est incapable d’effectuer des activités routinières simples
A des idées de suicide
Se concentre difficilement – est incapable de lire un livre ou de regarder
la télévision



Chez certaines personnes, des symptômes maniaques ET des symptômes dépressifs
peuvent se manifester simultanément. On parle alors « d’état mixte » : le patient est
irritable, hyperactif et parle sans cesse, mais il se sent aussi affligé et désespéré.


Comment se sent-on quand on a des troubles bipolaires ?

Hypomanie 

« J’ai l’impression d’être tout le temps soûl »
« Je sens la joie couler dans mes veines »
« Ma créativité passe à la vitesse supérieure »


Manie

 « C’est génial dans un premier temps, puis ça tourne à l’enfer »
« Je suis tellement tourmenté que j’ai envie de tout casser »
« Je ne me domine plus du tout »


 Dépression 

« C’est comme si je tombais dans un trou »
« C’est comme si je me noyais dans la vase »
« Tout se fige »


 État mixte

 « Je suis déphasé »
« C’est comme un surmenage émotionnel »
« C’est sentir la terre bouger sous mes pieds »


Les signes avant-coureurs du stress
                                              
 Au niveau de la pensée
Penser sans arrêt à vos problèmes
Avoir une pensée circulaire –
s’inquiéter du fait d’être inquiet
Avoir l’esprit confus
Avoir des difficultés à prendre des
décisions
Se sentir apeuré
Se sentir dépassé
Avoir le sentiment que quelque
chose de terrible va se passer…


Au niveau du corps
Mains tremblantes et moites
Bouche et gorge sèches
Palpitations
Poitrine oppressée
Maux de tête
Tension dans les muscles de la
nuque
Picotements dans les doigts
Souffle court
Vertiges…



http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-troubles-bipolaires-de-l-euphorie-a-la-depression-151.asp?1=1&IdBloc=Tout#

mardi 25 décembre 2012

Joyeux Noël



Une personne qui m'est très chère, qui compte beaucoup dans ma vie, m'a envoyé ce joli petit message que je tenais à partager avec vous  :


"Si un grand monsieur habillé tout en rouge avec une barbe blanche, te prend et te met dans un sac,
ne t'inquiète pas  :
c'est parce que je t'ai commandé pour Noël, car tu es le plus beau des cadeaux qu'il puisse exister...

Moi en tout cas JE T'AIME !!!

Fais tourner aux gens que tu aimes en Amour ou Amitié.
Moi c'est fait !"


                                                                                                      

      

samedi 22 décembre 2012

L'ALCOOL SE RACONTE


Depuis des siècles, on me consomme, on me vend, on m'offre et on me vante.Depuis des siècles, on m'enferme dans toutes sortes de récipients et on me boit dans tous les milieux.

Depuis des siècles, je suis l'objet d'un commerce qui rapporte des milliards et pourtant, bien peu de gens peuvent se vanter de me connaître vraiment. Jamais on ne m'a permis de parler. On se sert de moi pour toutes sortes de raisons, mais on prend bien soin de ne pas me donner la parole. Pourtant ! Si on m'avait demandé mon opinion : que de choses j'aurais pu vous apprendre. C'est pourquoi, aujourd'hui, devant le mauvais usage que l'on fait de moi, je suis décidé à vous dire toute la vérité à mon sujet.

Je suis un liquide ! Ça ! Vous vous en doutiez bien... mais un liquide pas comme les autres. Autrefois, avant la découverte de l'éther, on m'employait comme anesthésique pour pratiquer toutes sortes d'opérations.

De nos jours, on me trouve partout. On change mon goût âcre en me mélangeant à des essences telles que : la menthe, l'orange, le citron, etc. Je suis hypocrite et menteur ! Je peux entrer librement partout, personne ne semble se méfier de moi. Je coule à flots à l'occasion des baptêmes, des mariages, des funérailles. Je rate rarement l'occasion de me mêler à toutes sortes de conflits ; dans presque tous les meurtres, les vols, les hécatombes routières, les troubles de ménage et à peu près tous les crimes... JE SUIS LÀ !

Depuis toujours, je fais pleurer les mères et je fais souffrir les enfants. Pendant longtemps, je m'occupais presque exclusivement des hommes, mais aujourd'hui, je m'occupe très activement des femmes. J'en ai un très grand nombre sous mon emprise et à tous les jours, des millions d'entre elles, à travers le monde, ont recours à mes services. Je viens plus facilement à bout de leur dignité que le diable lui-même.

Je suis extrêmement puissant, rien ne me fait peur. Sans moi, beaucoup de médecins et de thérapeutes verraient leur clientèle diminuer considérablement. Je suis leur meilleur fournisseur ! JE SUIS LE MAL DU SIÈCLE ! Pourtant très peu de gens s'occupent à me combattre efficacement. On a vaincu bon nombre de maladies, mais moi, je suis plus en forme que jamais.

Malheureusement pour vous, tant que vous me traiterez avec autant d'égards, je pourrai continuer ma tâche qui est de vous détruire en plus grand nombre. Excusez ma franchise ! SI VOUS VOULEZ VIVRE HEUREUX... Tenez-vous loin de moi !

À bon entendeur, salut!
 
 
                                                                                   MADE IN HUMANITY
 
 
 
                            

vendredi 21 décembre 2012

RFI priorité santé - Psycho-éducation


A écouter !!!!!!

Une émission sur laquelle des spécialistes expliquent la bipolarité, les traitements, le temps du diagnostic, et l'importance pour une personne atteinte de cette maladie de bien la connaître pour permettre d'atteindre de gérer ces manies, pouvoir les contrôler, les sentir venir....



samedi 15 décembre 2012

Les symptômes du trouble bipolaire



Article lu sur auféminin.com


1- La dépression

La phase dépressive est marquée par :

> Une baisse de l'estime de soi avec une tendance excessive à la dévalorisation et la culpabilité. - une grande tristesse qui s'accompagne souvent de pensées morbides ou suicidaires.

> Une perte d'intérêt ou de plaisir pour les activités habituelles (anhédonie).

> Une baisse de la libido.

> Une perte de poids par diminution de l'alimentation (de façon atypique, on peut aussi observer une prise de poids).

> Une insomnie avec une grande fatigue (de façon atypique, on peut aussi observer une hypersomnie dite "refuge").

> Un ralentissement de l'activité physique avec une tendance au repli sur soi et à l'inactivité (apragmatisme).

> Un ralentissement de l'activité psychique avec des difficultés de concentration, d'attention.


2- La manie


Dans le langage courant, le terme maniaque est employé pour qualifier quelqu'un de tatillon, d'exigent. En psychiatrie, il en est tout autre: un sujet maniaque présente les symptômes inverses de ceux d'une dépression. A savoir :

> Une excellente confiance en soi avec des idées de grandeur, de grands projets.

> Une euphorie excessive.

> Une réduction importante du temps de sommeil sans aucune fatigue.

> Une augmentation de l'appétit sans prise de poids.

> Une activité physique très importante.

> Une accélération psychique: leur pensée va trop vite et ils passent sans cesse du coq à l'âne dans une logorrhée impressionnante (débit verbal augmenté).

> Une désinhibition comportementale avec un désir sexuel accru, des dépenses excessives (trois voitures, une maison…), une augmentation des tendances au jeu.

> Une irritabilité importante avec un comportement provocateur voire agressif.









3- L'hypomanie

On retrouve les mêmes symptômes que dans la manie mais en moins intenses. L'hypomanie ne gêne pas le fonctionnement normal d'un sujet contrairement à la manie. Une hypomanie peut dégénérer en épisode maniaque ou en dépression.


4- Des états mixtes

Le patient présente au cours d'un même épisode des symptômes de la phase dépressive et de la phase maniaque.

 

5- Des symptômes psychotiques

Parfois, les sujets atteints de troubles bipolaires perdent le contact avec la réalité et se mettent à entendre des voix ou à interpréter des choses de manière délirante. Ces symptômes sont dits "psychotiques" car ils se retrouvent dans d'autres pathologies psychiatriques: les psychoses, et en
particulier dans la schizophrénie.


Comment traiter le trouble bipolaire ?

Chaque accès dépressif et maniaque doit être traité avec les médicaments appropriés. Dans le cas de la dépression, on donnera des antidépresseurs pour aider le sujet à se redynamiser. En cas de manie, les neuroleptiques aideront à "freiner" le sujet.


La prévention des rechutes passe par un mode de vie sain et un traitement par sels de lithium. Le lithium est efficace chez environ 80% des patients bipolaires. On le qualifie de régulateur de l'humeur ou thymorégulateur. Cependant, il existe d'autres médicaments si le lithium est inefficace ou contre-indiqué.
Associée au traitement médicamenteux, la psychothérapie est toujours nécessaire que ce soit lors des accès aigus ou lors des périodes d'accalmies.



A retenir


Le trouble bipolaire, ou maladie maniaco-dépressive, touche environ 1% de la population et débute souvent vers 30 ans. Il est caractérisé par l'alternance chez un même sujet d'une phase dépressive, d'une phase maniaque et d'une période "normale". Après le traitement de la crise, le traitement préventif par régulateur de l'humeur ( le lithium en particulier) est efficace chez de nombreux malades.



                             Nature Bipolaire - Pour voir l'aperçu, cliquez sur l'image            

mercredi 12 décembre 2012

Dépressions bipolaires



Association CTAH-Recherche

Le dossier du moisDécembre 2012


Dépressions bipolaires

En quoi une dépression bipolaire serait-elle si différente dʼune dépression classique ?



L'edito

Dr Hantouche


Dépression Bipolaire : Un Vrai Défi

On oublie souvent de rappeler que la dépression est la manifestation clinique la plus dominante dans les troubles bipolaires et de ce fait la plus handicapante.

Elle représente un vrai défi pour de multiples raisons :

  • la non reconnaissance de la nature « bipolaire » d’une dépression
  • la confusion du terme « dépression bipolaire » (est-ce une dépression associée à un trouble bipolaire ou un épisode lui-même bipolaire ? est-ce une dépression mixte ?)
  • la précocité de l’âge de début
  • les risques naturels liés à la dépression bipolaire (récurrence, suicide, perte d’emploi, isolement…)
  • les complications induites par les antidépresseurs sans couverture de stabilisateurs ou anti-maniaques
  • le choix des traitements adaptés (efficaces mais sans risque de virage ou de d’accélération des cycles) qui sont malheureusement peu fréquents et surtout validés dans les dépressions associées au trouble bipolaire type 1.

  • Le dossier de Décembre 2012 fera le point sur un sujet qui reste encore peu exploré et surtout en manque de stratégies thérapeutiques codifiées, notamment dans les différentes formes cliniques de la dépression bipolaire ; car il ne s’agit guère d’une entité nette ni d’un trouble, ce qui est source de confusion entre les différentes formes de dépression bipolaire et handicape l’interprétation des résultats des études pharmacologiques.


    Dépression Bipolaire : caractéristiques dʼune entité encore mal connu

    C’est quoi une dépression bipolaire ?
    Est-ce un épisode dépressif au sein d’un trouble bipolaire ? si oui, lequel ? BP-I, BP-II, BP-II ½ (dépression avec cyclothymie), BP-III (dépression avec hypomanie pharmacologique), BP-IV (dépression avec hyperthymie)… ?
    Est-ce une dépression qui en soi est bipolaire, c’est-à-dire comportant des éléments hypomaniaques, en d’autres termes « dépression mixte » ? ou une dépression qui alterne de manière rapide avec des épisodes hypomaniaques (ce qu’on observe d’habitude dans le trouble cyclothymique) ?
    Déjà avec ces questions basiques, on réalise qu’on est face à un problème complexe qui handicape toutes les études qui cherchent le traitement le plus idéal des dépressions bipolaires (cf dossier octobre 2012). En fait, il n’y a pas une Dépression Bipolaire mais plusieurs types et formes de Dépressions Bipolaires, qu’il convient de préciser quand il s’agit d’extrapoler les données des études publiées et les appliquer dans la pratique.
    Je vais tenter d’apporter quelques éléments de solution à ce problème en séparant d’une part les épisodes dépressifs qui sont « bipolaires en soi » et d’autre part les dépressions qui surviennent au sein d’un trouble bipolaire (notamment dans ses formes atténués ou atypiques).



    Mais dans la pratique


    Le problème majeur de la Dépression Bipolaire (DB) est son invisibilité, c’est-à-dire que les médecins ne font pas ce diagnostic alors qu’elle touche au moins 50% des dépressifs, qu’ils consultant en Psychiatrie ou en Médecine Générale. Mes enquêtes en France et d’autres réalisées en Europe et d’autres pays montrent la fréquence élevée de la bipolarité non reconnue chez les dépressifs qui consultent ou sont traités avec des antidépresseurs. Tout dépend comme on dépiste et définit les épisodes d’(hypo)manie : soit les critères du DSM soit les scores obtenus sur des questionnaires de dépistage (questionnaire de l’Humeur = MDQ/ Check-List d’Hypomanie = CLH-20 / CLH-32, 2 versions de 20 et 32 items.)

    La publication la plus récente, celle de Hu et al 2012 (réalisée à Pékin avec la participation de 13 centres spécialisés) qui a inclus 1487 patients traités pour dépression. Le dépistage de bipolarité a été fait par la recherche des critères diagnostiques (questionnaire MINI) et la passation de la CLH-32. La proportion de bipolarité non reconnue est de 20,8% : 7.9% de BP-I et 12.8% de BP-II.
    De plus l’étude a constitué 3 groupes : les unipolaires, les bipolaires et les patients avec des symptômes maniaques sub-syndromiques (positifs sur la CLH mais ne répondant à la totalité des critères du MINI). Les résultats que ce dernier groupe se positionne comme intermédiaire entre les deux autres :
  • par rapport au groupe unipolaire, l’âge de début est plus précoce, le taux de célibat plus élevé, les dépressions saisonnières plus fréquentes et la récurrence dépressive globale plus importante.
  • Par rapport au groupe bipolaire, l’âge de début plus avancé, moindre récurrence des épisodes dépressifs et une histoire familiale de troubles psychiatriques moins chargée.
  • L’étude conclut qu’au moins un cinquième des dépressifs traités présente une bipolarité non reconnue. Le recours à la CLH permet de repérer un spectre bipolaire plus large que le MINI. Ce résultat rejoint les dizaines de publications sur le dépistage de l’hypomanie.



    Tableau clinique complexe


    La dépression bipolaire présente un tableau clinique plus complexe que la dépression unipolaire, en se manifestant comme :

  • une dépression anergique avec hypersomnie et hyperphagie (dépression atypique)
  • une dépression anxieuse
  • une dépression agitée
  • une dépression irritable avec humeur labile (signes évoquant la personnalité “borderline”)
  • une dépression mixte (avec des signes hypomaniaques associés)
  • une dépression avec des signes psychotiques
  • une dépression résistante (réfractaire aux AD)

  • Dans l’enquête que j’ai réalisée avec le Pr Jules Angst (Hantouche et al, 2009), nous avons observé que la dépression bipolaire au sein du trouble bipolaraires-II se démarquait de manière significative de la dépression unipolaire par les éléments suivants :

  • Age de début plus précoce
  • Augmentation du nombre de symptômes dépressifs au sein de l’épisode (plus d’intensité clinique)
  • Fréquence plus élevée des symptômes dépressifs (comme « agitation », « troubles psychomoteurs », « sous-estime de soi », « faible capacité de penser », « idées obsédantes de mort ou suicide »)
  • Augmentation du nombre des épisodes dépressifs sur la vie entière (plus de récurrence)
  • Donc une dépression qui touche les jeunes et qui est plus intense et récurrente.
    Mon étude avec Pr Angst, réalisée en France (inclusion de plus de 2300 dépressifs résistants ou récurrents), la comparaison des dépressions bipolaires (BP-II) versus unipolaires montre les différences significatives (tableau – conférence du Dr Hantouche, présentée au Congrès IRBD, Hong Kong, Nov 2008)


    BP-II
    (N = 1351)
    Dép Unipolaire
    (N = 879)
    p
    Sexe masculin36,9%28,9%.0001
    Age actuel (ans)46,447,7.03
    Marié42,8%52,0%.0001
    Nombre symptômes dépressifs / épisode7,127,78.0001
    Nombre des épisodes dépressifs4,663,74.0001
    Début avant 26 ans55,2%40,5%.0001
    Survenue en post-partum23,8%18,1%.008
    Tentatives de suicide récurrentes27,8%19,4%.0001
    Abus de substance36,5%22,1%.0001
    Hauts et des Bas73,6%48,6%.0001
    Histoire familiale de Bipolarité18,5%6,2%.0001
    Histoire familiale de dépression46,5%39,9%.002
    Histoire familiale de suicide17,3%11,7%.0003



    Mettre une loupe sur l’épisode dépressif actuel


    Les témoignages dans ce dossier illustrent bien les caractéristiques des dépressions bipolaires. En un mot, ce sont dépressions qui ne ressemblent pas à une dépression "commune" ou typique.
    Ces dépressions sont souvent caractérisées par une excitation psychique, une hyperactivité motrice, une anxiété intense, une tension intérieure, des idées suicidaires, une tendance à la confusion mentale… Elles sont typiquement des Dépressions Mixtes.

    Actuellement, certains chercheurs travaillent sur la validation d’une échelle de "Mixité" avec l’idée d’une évaluation systématique devant une dépression des manifestations hypomaniaques (même si elles sont sous-seuil par rapport aux critères de l’épisode hypomaniaque). D’autres experts proposent plutôt une définition dimensionnelle :
  • Agitation psychomotrice (Koukopoulos, 1999)
  • Labilité thymique (Akiskal et Benazzi, 2003)
  • Instabilité émotionnelle (Perugi 1997)
  • Réactivité émotionnelle excessive (Henry 2007 ; M’Baillara 2012)
  • Cognition négative + hyperactivité (Swann 2009)
  • Anxiété (Cassidy 2010)
  • Irritabilité (Pee 2011)
  • Dans ma pratique, j’ai tendance à combiner les deux approches, à savoir la recherche des symptômes hypomaniaques au sein de la dépression et la mise en exergue des dimensions les plus évocatrices de la mixité (irritabilité, labilité, embouteillage de pensées…).
    Il est important d’évaluer la présence au sein de l’épisode dépressif actuel, des symptômes hypomaniaques notamment une hyperactivité psychique ou comportementale. Selon l’étude de Benazzi, deux facteurs hypomaniaques ont été observés au sein des dépressions :

  • un facteur « hyperactivité comportementale »
  • un facteur « hyperactivité mentale »

  • Les études de Benazzi (en collaboration avec Akiskal et Angst) sont en faveur de désigner l’hyperactivité comme le phénomène nucléaire de l’hypomanie (et non les symptômes émotionnels comme l’exaltation ou l’irritabilité).

    Koukopoulos va plus loin en décrivant 2 phases au sein des dépressions bipolaires mixtes :
  • une phase avec excitation psychique et comportementale où le malade rapporte une suractivité (dans cette phase, le clinicien doit faire attention et éviter les anti-dépresseurs) – le but du traitement est de calmer l’excitation psychique !
  • suivie d’une phase dépressive « classique » (genre d’une récupération suite à la première phase) – dans cette phase, il est permis d’ajouter un anti-dépresseur selon Koukopoulos (évidemment avec un thymorégulateur)

  • Ce qui revient à dire qu’avant de soigner une dépression, il importe de rechercher les signes évocateurs de la présence d’un phénomène d’excitation psychique, qui précède la phase dépressive proprement dite. Une action thérapeutique à ce stade (comme prescrire du lithium ou un antipsychotique atypique à petite dose) est capable de prévenir la dépression – C’est la base de l’approche « Primauté de l’Hypomanie » selon Koukopoulos et Ghaemi. Cette séquence d’excitation psychique et comportementale suivie de dépression doit orienter vers la nature bipolaire de l’épisode dépressif, que certains le qualifient d’un juste « burn out » et d’autres de simple dépression réactionnelle au stress.
    De plus, quand on compare, au sein des troubles bipolaires, les cas avec « dépression mixte » (dépression avec hypomanie subsyndromique ) versus « dépression pure », on constate que les dépressions mixtes se démarquent par une psychopathologie plus complexe et méritent d’être considérées et traitées de manière distincte et plus ciblée. Donc, il y a une confusion dans l’usage du terme « Dépression bipolaire » = une dépression associée à un trouble bipolaire n’est pas identique à une dépression mixte et les deux peuvent être désignées comme « dépression bipolaire ». (lien avec le document « Définir les dépressions mixtes »)



    Allez au-delà des épisodes et savoir poser un diagnostic global correct


    Il est toujours utile de rappeler que le diagnostic ne doit jamais se limiter à la description de l’épisode actuel mais sur un bilan plus ou moins standardisé et approfondi pour mettre en évidence les indices d’un trouble bipolaire.
    Donc, le diagnostic de bipolarité doit être cadré dans la conception d’un trouble dans sa globalité en tenant compte des éléments capitaux comme :

  • l’âge de début des premiers épisodes dépressifs
  • le tempérament de base (traits de cyclothymie avec instabilité et labilité émotionnelles)
  • les épisodes d’hypomanie (même les épisodes sub-syndromiques)
  • le mode évolutif (circularité ou épisodique)
  • les séquences des épisodes comme (hypo)manie puis dépression ou dépression suivie d’(hypo)manie
  • la réactivité aux médicaments notamment les antidépresseurs
  • l’histoire familiale
  • La majorité des études ayant exploré la présence de l’hypomanie ont réussi de faire le lien entre celle-ci et les éléments cités ci-dessus. Ce qui d’une part valide la recherche systématique de l’hypomanie et d’autre part apporte une distinction des dépressions bipolaires par rapport aux autres dépressions. En effet, la DB est associée à des troubles du comportement (déjà à l’âge scolaire), à des troubles anxieux, aux conduites suicidaires, à des hospitalisations plus fréquentes, à des maladies physiques, et surtout à des complications multiples quand la dépression bipolaire est traitée par des antidépresseurs.
    Par ailleurs, la recherche clinique et l’expérience auprès de centaines de patients, confirme cette nécessité d’établir un diagnostic global qui inclus l’ensemble des indices significatifs de bipolarité.
    Pour résumer, ce tableau présente les éléments utiles au repérage de la dépression bipolaire, répartis dans le temps : avant l’épisode dépressif, pendant l’épisode et après (sous traitement AD)



    Modèles conflictuels de la Dépression Bipolaire


    Donc besoin de changer le modèle de conception de la bipolarité. En effet, on constate un conflit entre deux modèles :
  • un modèle « bipolaire » qui conçoit le trouble comme une juxtaposition d’épisodes de polarité opposée (dépression / manie) qui a pour conséquence de soigner l’épisode en cours : AD si dépression, neuroleptiques si manie ; Je pense que c’est le pire modèle, qui est malheureusement appliqué (même dans les études contrôlées) et qui est l’héritage direct du terme « bipolaire » ; Un terme qui insiste sur la polarité des épisodes et non sur l’aspect évolutif (épisodique – récurrent / circulaire) du trouble dans sa globalité.
  • un modèle de « continumm » qui considère les épisodes, quelque soit leur polrité, comme des conséquences de facteurs communs tels l’intensité, la réactivité ou l’instabilité émotionnelles. En effet, une partie non négligeable de dépression n’est que la conséquence de la manie ou hypomanie (c’est juste une phase de récupération après une excitation neuropsychique intense) ; dans l’autre sens, les cas de dépression suivie d’hypomanie, reflètent une tendance génétique à quitter la dépression par un virage spontané ou induit par les antidépresseurs (ou autres substances comme l’alcool et les stimulants)

  • Cette réflexion est importante car elle permet de poser les « bonnes » questions avant de décider le choix du traitement et des cibles potentiels. Ainsi le bilan clinique ne se limitera jamais à la nature et la polarité de l’épisode thymique actuel mais à tenir en compte de la dimension hypomaniaque (au sein de l’épisode dépressif ou en dehors : avant ou après), de la sous dimension hypomaniaque (irritabilité et prise de risque), des traits cyclothymiques et ce qui va avec comme « impulsivité, réactivité émotionnelle, sensibilité interpersonnelle, conduites à risque, excitation psychique, hostilité, intensité affective… ». Le but est de dégager ce qui est essentiel au sein du trouble thymique et adapter le choix du traitement en fonction de cette cible « essentielle ».
    Ce modèle ne s’applique pas seulement pour les psychotropes mais également pour la psychoéducation et les psychothérapies (cf document de Majdalani)



    De quoi on a besoin pour traiter la dépression bipolaire ?


    La dépression bipolaire souffre d’un manque énorme de preuves scientifiques sur les traitements appropriés – en aigu ou au long cours. Dans une synthèse de Nolen (2011), il compare le nombre des essais contrôlés dans la dépression unipolaire versus dépression bipolaire : 1500 contre 15 ! C’est choquant du moment où on sait que plus de la moitié des dépressifs sont bipolaires, un pourcentage qui est plus important si l’on considère les dépressions récurrentes ou résistantes (chiffre qui dépasse les deux tiers des dépressifs).
    Le dossier d’octobre 2012 a été consacré aux antidépresseurs dans les dépressions bipolaires ; il montre d’une manière flagrante l’inefficacité des AF voir même leurs dangers potentiels. Mais les preuves sur ce les psychotropes efficaces dans la dépression bipolaire ne visent que les dépression bipolaires au sein du trouble BP-I !
    Dans notre pratique, on observe que la majorité des dépressions bipolaires a reçu des AD au début des soins, et continuent à en recevoir même quand le diagnostic de bipolarité est posé ou suspecté. Une enquête révèle que plus d’un tiers des bipolaires connus continue de recevoir des AD en monothérapie (sans régulateurs ou antipsychotiques).

    Ces réalités observées dans la pratique reflètent des conceptions erronées sur la maladie bipolaire, notamment en ce qui concerne les phases dépressives, comme :

  • croire que les AD sont les traitements du premier choix pour une dépression qu’elle soit unipolaire ou bipolaire (croyance basée sur le fait de considérer les épisodes dépressifs à égalité qu’ils soient unipolaires ou bipolaires)
  • penser que l’hypomanie ne requiert pas de considération particulière (juste les épisodes maniaques attirent l’attention des cliniciens)
  • ne pas avoir recours au dépistage systématique de l’hypomanie ou cyclothymie avant de traiter une dépression
  • décider d’introduire un régulateur une fois que les signes de virage maniaque surviennent sous traitement AD (cette focalisation sur les épisodes maniaques « typiques » ne permet que de voir 10% du spectre bipolaire)
  • penser que la combinaison d’un anti-dépresseur avec régulateur agit plus vite qu’un thymo-régulateur seul (aucune étude n’a montré cela !)
  • ne pas tenir compte de la récurrence comme un facteur déterminant la sélection du traitement (alors qu’on sait que seul le lithium a montré une efficacité au long cours dans les dépressions à forte récurrence)

  • Ces constats ne font que démontrer le retard du diagnostic de bipolarité et les risques d’exposer les patients à des traitements inutiles ou comportant un risque d’aggravation du trouble. Ce qui signifie la complexité de soigner les Dépressions Bipolaires.

    La recherche clinique a donc besoin d’études pharmacologiques qui doivent satisfaire les points suivants :
  • Mise en place d’études contrôlées en double aveugle (vs placebo ou AD) pour évaluer l’efficacité avec une séparation des sous-types cliniques (BP-I, BP-II, cyclothymie…)
  • Vérifier le spectre d’effet notamment la spécificité d’effet sur les signes nucléaires de la dépression
  • Regarder de près l’effet sur les pensées et les impulsions suicidaires
  • Compléter l’évaluation des effets sur les dimensions caractéristiques de la DB : tension intérieure, agitation, insomnie rebelle, abondance de pensées (signes de la dépression mixte)
  • Chiffrer l’amplitude de l’effet antidépresseur
  • Garantir le minimum de risque de virage thymique
  • Limiter les effets indésirables comme la prise de poids, les signes neurologiques, l’acathésie, la sédation diurne…


  • Messages à retenir


  • Le Trouble Bipolaire n’est pas juste une alternance d’épisodes de Manie et de Dépression mais doit être conçu selon d’autres modèles où les épisodes maniaques et dépressifs sont liés

  • Le diagnostic doit tenir compte d’une part de la nature « bipolaire » ou mixte de l’épisode dépressif et d’autre part de l’ensemble des indices de bipolarité   
  •  
  • Les traitements doivent respecter les liens entre les épisodes, avec des cibles cliniques comme intensité, réactivité, labilité, instabilité et non seulement la polarité des épisodes

  • La recherche doit s’intéresser encore plus sur les médicaments à utiliser pour traiter la Dépression Bipolaire Mixte et les dépressions survenant au sein d’un trouble bipolaire épisodique (BP-I / BP-II)
  •  
  • Le clinicien doit rester vigilant quand il décide de prescrire un AD pour soigner une Dépression Bipolaire ; mais avant de prescrire, il y a une nécessité de dépister systématiquement les indices de bipolarité (hypomanie, cyclothymie, histoire familiale de bipolarité…) et d’examiner de près la nature de l’épisode dépressif (chercher la mixité de l’épisode dépressif).


  •                                
                                   
























































































































































































































































































































































































































































































                                                   

    mardi 11 décembre 2012

    Bipolaire et fidélité



    Un jour je t'aime, l'autre je te quitte...

    Y a t-il un lien intrinsèque entre bipolarité et l'infidélité ?

    Ce que je constate en effet assez fréquemment, c'est qu'en phase maniaque les excentricités en tout genre, et notamment sexuelles, d'où des infidélités en effet, malgré les sentiments.
    Et ces infidélités je les avoue.
    Ceci est en grande partie dû au fait que la libido est dans ces phases particulièrement exacerbée, et je crois que je perds toutes inhibitions, comme tout le reste d'ailleurs.

    Alors oui je pense en effet que cette maladie joue des tours au niveau de la fidélité.

    Lorsque que je dis je t'aime je suis sincère, ou lorsque je fais une promesse, ou que je dis quelque chose je m'y tiens.
    Une chose que je déteste le plus ce sont les mensonges, et c'est comme un sixième sens, je les ressens de suite, après je peine à continuer la conversation, et j'émets beaucoup de réserve quant à la sincérité de l'autre. Même si cela ne m'empêche pas de continuer l'aventure.

    Mais quand je suis en phase maniaque je ne me rend pas compte de ce que je fais et je peux dire des propos très incohérents, voir très méchants... Je suis pleine de doutes, je ne crois en personne.
    Des pensées morbides m'accompagnent régulièrement, la question est, vais je un jour ou l'autre passé à l'acte final.

    En fait, une des grandes problématiques des bipolaires est qu'on fini souvent, pour ne pas dire toujours, par nous quitter pour ce que nous sommes : des malades chroniques !!
    Mais je comprends aussi ces personnes qui nous laissent au bord de la route car notre cyclothymie est déjà insupportable pour nous même, alors j'imagine ce que peut vivre l'autre.
    Et je sais que moi aussi j'en souffre terriblement de "faire du mal", mais comment le gérer ??
    Donc la peur d'abandon est toujours en moi et bien souvent, quitte à souffrir; et perdre la personne qui m'est chère, je pars sans me retourner. 

    C'est pas la joie mais c'est ainsi : notre maladie n'est pas bien soignée, très mal acceptée, trop peu connue par l'entourage, et moi elle me détruit à petit feu.


                                                      

                                                 
                                          




    "Le Désespoir est assis sur un banc" par Jacques Prévert

                                                     



    Citations...



    Le spirituel retranche à l'âme
    Désirs et passions, le bon et le mauvais,
    Jusqu'aux plus innocents souhaits.
    Contre de tels gens quant à moi je réclame !

    Ils ôtent à nos cœurs le principal ressort,
    Ils font cesser de vivre avant qu'on ne soit mort !
    Jean de La Fontaine (Le Scythe, Livre XII fable 20)




    Le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage.
    Albert Schweitzer




    « Pour remédier à la haine de soi,
    prenez conscience de l’image fausse que vous avez de vous-même,

    cultivez la confiance authentique et saine,
    celle qui s’appuie sur vos qualités humaines fondamentales.

    Soyez humble et tournez vous davantage vers les autres. »

    Le Dalaï Lama




    « Le sage ne se fixe ni sur le jour, ni sur la nuit.
    Il laisse être et le monde devient un incessant printemps.
    Car, au fond les saisons naissent dans le cœur
    Voici ce que j’appelle « être entièrement
    »
    Zhuangzi





    Dans les langues asiatiques, un même terme désigne la conscience et le coeur .
    Aussi, quand on entend "pleine conscience",
    il faut aussi entendre intérieurement "plein coeur" si l'on veut saisir sa portée comme concept, et surtout comme façon d'être.
    Extrait du livre "Méditer" de Jon Kabat-Zinn





    « Dans la vie, il faut essayer d'aménager les cycles qui vont de la lassitude à l'enthousiasme. »



    Les bonheurs que je me rappelle je ne les ai pas poursuivis ni cherchés au loin, ils ont poussé et fleuris sous mes pieds comme les pâquerettes de mon gazon. Rien n'arrive dans la vie comme on le craint ni comme on l'espère.Alphonse Karr 
     



    "Ce n'est plus d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient."
    Albert Camus


    Les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même
    Jiddu Krishnamurti




    Nous sommes tous plus ou moins prisonniers
    de nos peurs, de nos pulsions, de notre caractère, de nos habitudes, de nos émotions.
    La plupart de nos actions et de nos choix sont mus par ces tendances qui nous dominent.
    Esclaves de nous-mêmes, nous sommes les seuls à pouvoir nous libérer de cette prison intérieure.

    Frédéric Lenoir




    La vie n'est supportable que lorsque le corps et l'âme vivent en parfaite harmonie,
    qu'il existe un équilibre naturel entre eux,
    et qu'ils ont, l'un pour l'autre, un respect réciproque.

    D.H. Lawrence





    La lutte et la révolte impliquent toujours une certaine quantité d'espérance, tandis que le désespoir est muet.
    Charles Baudelaire



                                                                                                                               









    dimanche 9 décembre 2012

    Stress évènementiel




    Le mot stress a plusieurs origines et donc plusieurs significations :

    Le stress vient du latin stringere qui signifie «rendre raide», «serrer», «presser». Cette racine latine est reprise assez tôt par la langue anglaise où elle est assimilé au mot distress, qui signifie détresse mais aussi étroitesse. C’est par ce biais qu’une extension de la signification du mot stress s’est faite en référence à certaines difficultés de la vie, à l’adversité et à ses conséquences.
    Le terme stress désigne maintenant à la fois l’agent responsable du problème, la réaction à cet agent et l’état dans lequel se trouve celui qui réagit.
    On parle bien sous le même terme de l’agression, de la capacité d’adaptation face à cette agression et des conséquences.

    On retrouve donc sous le mot stress :
    - la cause, c'est-à-dire l’agression ou la pression qui provoque le stress.
    - la réaction initiale : l’adaptation de l’organisme à cette agression. C’est cette réaction et les processus physiologiques qui l’accompagnent qui sont à l’origine du stress.
    - la ou les conséquences de ce stress : ses répercussions sur la santé.



    Le stress évènementiel est un stress secondaire à un accident ou un traumatisme grave :


    L' accident ou le traumatisme qui peuvent être à l'origine d'un stress événementiel peut être soit physique ou psychologique mais peut aussi être un évènement personnel comme la perte d’un proche ou une maladie grave. Ce stress a été nommé stress post traumatique.
    La première des agressions est celle qui survient brutalement, sans sommation, sans prévenir ; c’est l’accident, l’évènement qui surprend, frappe de plein fouet, sans signe avant coureur. Il ne nous donne pas la possibilité de nous y préparer et encore moins de réagir dans de bonnes conditions c'est-à-dire en étant capable de faire face tout en nous protégeant.
    Ce stress est nommé évènementiel :
    - Soit à cause de la dimension temporelle de la situation et c’est alors la soudaineté de son apparition qui prime et qui ne laisse aucune possibilité à l’organisme pour s’adapter et faire face, par manque de temps.
    - Soit à cause de sa dimension exceptionnelle : rare, porteur d’une forte charge émotionnelle et qui même lorsqu’il était prévu est trop intense pour ne pas déborder les capacités habituelles d’adaptation.

     Son caractère unique et sa prise en charge sont les principales spécificités de ce stress .

    Le stress évènementiel est bien agression ponctuelle, voire unique : il est peu probable qu’elle puisse se reproduire. Pourtant c’est bien la peur de la récidive qui domine, la crainte que cela ne se reproduise et ce d’autant plus que l’évènement est survenu de manière accidentelle.
    La prise en charge spécifique de ce type de stress est bien codifiée avec en particulier la mise en place de cellules psychologiques adaptées et expérimentées
    Il est par contre difficile de donner des conseils préventifs pour se protéger de ce type d’agent stresseur.


    La phase d’alarme :



    C’est la phase initiale qui va permettre de réagir à une situation de stress. Toutes nos capacités de défense vont se mobiliser pour faire face au danger sur une période allant de quelques minutes à plusieurs heures.
     
    La première réaction vient de l’acquisition d’informations agressives par notre système sensoriel qui fonctionne comme un système de détection.
    Ce système de détection prend en compte indifféremment les 5 sens sollicités de manière indépendante ou concomitante : la vue et l’ouïe d’abord, mais aussi l’odorat, le goût et les fonctions tactiles (le toucher) capables de nous mettre en éveil, de nous avertir des dangers que nous courons.
    C’est la phase initiale qui va permettre de réagir à une situation de stress. Toutes nos capacités de défense vont se mobiliser pour faire face au danger sur une période allant de quelques minutes à plusieurs heures.
    Nous sommes alors plus vulnérables à d’autres agressions, moins performants dans les différentes tâches à réaliser quotidiennement.
    Ce phénomène est précis, complet avec une capacité à adapter la réponse fournie à l’importance de l’agression et à son intensité.
    L’organisme peut ainsi freiner certaines de ses réactions pour qu’elles ne soient pas excessives compte tenu de l’importance de l’attaque à laquelle il doit faire face.
    C’est un moyen efficace de nous protéger contre l’épuisement, en particulier si l’agression venait à se prolonger et donc un moyen complémentaire pour mieux se défendre.


    La phase de résistance :



    C’est la seconde phase d’adaptation qui se déclenche pour compenser les pertes occasionnées par le choc initial et en particulier les pertes d’énergie.
    Elle est aussi essentielle pour s’adapter à la persistance d’un environnement hostile. Cette phase demande beaucoup d'efforts et d'énergie et en fonction de l'état de l'organisme et de ses moyens de défense .
    Elle pourra plus ou moins rapidement , en fonction de l'importance du stress et des moeyns de défense à disposition faire place à la troisième phase de cette réaction d'adaptation , celle de l'épuisement.
    Il se produit une réaction hormonale avec la libération, à partir de l’hypothalamus, organe du cerveau impliqué dans des phénomènes de régulation, de ce que l’on nomme une neuro hormone : le Cortical Releasing Hormon (CRH) .



    La phase d’épuisement :

     

    La phase d'épuisement est celle de tous les dangers . 

    En cas de demande persistante et en particulier d’incapacité de se soustraire à l’agent stresseur, l’organisme se retrouve dépassé et incapable de faire face : il lui devient difficile d’assurer la fourniture nécessaire d’énergie à une consommation augmentée pour continuer à se défendre. Il va alors se retrouver en situation de vulnérabilité qui ne fera que s'aggraver si une action en amont ne peut être menée sur les agents stresseurs.
    Arrive alors cette phase d’épuisement qui peut avoir des conséquences graves et en particulier la survenue de maladies.
    Plus les réserves manquent alors que la demande d'énergie est identique pour se défendre , plus l'organisme se défendra mal ou partiellement et plus le risque de problèmes de santé est élevé.
    C'est ainsi que peuvent se développer des maladies cardio vasculaires ou digestives . C'est aussi pendant ces périodes que l'organisme est plus sensible aux infections et que le risque d'accident avec blessure est plus élevé.



    Conséquences immédiates du stress :


    Ces signes sont nombreux et variés et bien connus de toute personne se retrouvant dans cet état :
    - L’augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle avec palpitations, la sensation de cœur qui bat plus fort voire plus vite ou même de quelques douleurs sourdes dans la poitrine.
    - Une rougeur du visage, l’apparition de quelques rougeurs localisées, dans le cou par exemple ou à l’inverse une pâleur inhabituelle.
    - Une transpiration inhabituelle, non justifiée par la chaleur ambiante et particulièrement importante au niveau des aisselles, du front voire des mains
    - Une sensation de bouche sèche sans raison particulière.
    - Une tension musculaire qui touche l’ensemble des muscles et en particulier ceux du visage et des membres inférieurs.
    - Des difficultés à respirer avec une fréquence respiratoire plus élevée qui se manifeste souvent par le seul fait de sentir sa respiration.
    - Un tremblement presque imperceptible, fin.
    - Une sensation de malaise, de vertiges, de sensibilité augmentée à la lumière, au bruit
    - Des problèmes psychologiques : irritabilité, difficultés relationnelles, phénomènes anxieux etc…
    Leur survenue a un coût en particulier énergétique qui fait que leur durée prolongée ou leur répétition trop fréquente sans temps de récupération pourrait conduire à des phénomènes d’épuisement.
    Ces manifestations sont variables d’une personne à l’autre, chacun réagissant :
    - à sa manière sans que l’on soit capable de savoir pour quelle raison,
    - en fonction du type d’agression
    - en fonction de l’intensité et de la durée de l’agression.
    Ces réactions sont liées au système de défense mis en place par l’organisme pour faire face à l’agression.




    Conséquences secondaires du stress :


     Votre organisme, trop sollicité n’a plus les moyens de se défendre ; il est incapable de s’adapter, lâche prise face à d’autres problèmes, d’autres pressions qui lui semblent moins importants, moins dangereux.
    Il peut aussi se laisser surprendre et être à court de réserves, de moyens énergétiques pour faire face à une agression qu’il connaît, qu’il sait habituellement gérer.
    Certaines fonctions de l’organisme, certains organes mêmes peuvent se retrouver en état de fragilité, peuvent souffrir plus tôt cat plus exposées : On peut parler à cet effet de vulnérabilité, d’organe cible ou plus fragile, de tendon d’Achille
    L’intensification des conditions de travail a un lien avec la fatigue et ce que l’on appelle communément la nervosité c'est-à-dire un trouble émotionnel, une irritabilité particulière.
    Progressivement il se développe un état qui n’est pas normal mais qui trouve difficilement une description précise et qui n’entraîne  pas une consultation médicale ; c’est l’accumulation de ce type de situation qui peut avoir un retentissement sur la santé et être à l’origine d’accidents de travail




    Complications psychiques du stress :

     

    De nombreux troubles psychiques sont vus en présence d'un stress trop important survenant sur un organisme ne disposant pas de capacités de défense suffisantes :

    • des troubles du comportement : émotivité et irritabilité inhabituelles et disproportionnées par rapport au contexte, à la situation qui les a provoqué.
    • des troubles cognitifs mineurs avec perte de mémoire, difficultés à se concentrer,  à trouver ses  mots, oublis fréquents, manque de concentration, troubles de l’attention. 
    • des troubles dépressifs avec troubles de l’humeur, perte d’estime de soi, perte d’intérêt pour l’environnement et troubles du sommeil
    • des troubles anxieux avec de véritables crises d’angoisses, une vigilance face aux agents stresseurs responsables des ces problèmes, voire des troubles phobiques
    • des troubles du sommeil avec des difficultés d’endormissement, un sommeil fragile avec des réveils précoces et la sensation d’un sommeil non réparateur
    • des conduites addictives inhabituelles (tabac, alcool ou autres substances) ou des habitudes nutritionnelles anormales.




    La relation entre le stress et la survenue de certaines maladies est d’une grande complexité:
       le stress et les maladies cardio-vasculaires
       le stress et la peau
       le stress et les lombalgies
       le stress et la dépression
       le syndrome d'épuisement : 
    (C’est une réaction secondaire à l’accumulation de sollicitations multiples par de nombreux agents stresseurs qui agissent sur une période suffisamment longue pour parler à la fois de stress retardé ou chronique. Les agents stresseurs peuvent être à la fois physiques et psychiques
    Cette forte sollicitation en terme à la fois d’intensité et de durée fait en sorte que les capacités de récupération de l’organisme sont dépassées et que ce syndrome de burn-out peut s’installer.)
      
                                                                             
                                                                                lefigaro.fr Santé

              Le stress : la phase d’alarme                                    

                                
                                     

     




    Patrick Bruel - J'te Mentirais